
Ca fait des semaines que vous serrez les dents en attendant vos vacances et, dès le premier jour, vous vous retrouvez clouée au lit par une migraine, un état grippal ou un mal de dos…
Ce phénomène a un nom : la maladie des loisirs, décrite par le psychologue néerlandais Ad Vingerhoets dès 2002. Derrière ce nom un peu ironique se cache une réalité physiologique bien documentée et, surtout, des pistes concrètes pour s’en sortir.
Pourquoi on tombe malade dès les vacances : ce qui se passe dans votre corps
Pendant vos semaines de travail sous pression, votre organisme tourne en mode survie. Il sécrète du cortisol, l’hormone du stress, qui le maintient en alerte, booste votre concentration et renforce vos défenses face aux agressions extérieures.
Quand vous lâchez la pression soudainement le premier jour des vacances, ce niveau de cortisol chute d’un coup. Et c’est là que votre système immunitaire, soudainement moins soutenu, devient vulnérable : le rhume qui traînait, la tension qui s’accumulait, la fatigue que vous teniez à distance… tout remonte à la surface.
La maladie des loisirs n’est pas une maladie à proprement parler, mais c’est c’est un phénomène usant mentalement quand on a le sentiment de perdre des jours de liberté alors qu’on attendait les vacances avec tant d’impatience.
Maladie des loisirs : 4 ajustements concrets avant le départ
La bonne nouvelle, c’est qu’il existe des façons de préparer la transition pour éviter la maladie des loisirs. Ce n’est pas une recette miracle, mais plutôt des ajustements qui permettent à votre corps de redescendre en douceur.
1. Alléger progressivement le rythme dans les 10 jours avant le départ
Priorisez les tâches vraiment essentielles, réduisez le nombre de réunions, préservez des plages de travail sans interruption, n’acceptez pas de nouveau projet ou client à gérer en dernière minute. L’objectif n’est pas de tout boucler, mais de commencer à décompresser avant même d’avoir préparé sa valise.
2. Prévoir un vrai sas les 2 jours précédant le départ
Ces deux jours ne servent pas à finir en urgence ce qui reste, mais à préparer votre départ sereinement : finir ce qui doit réellement l’être et, surtout, noter noir sur blanc ce qui ne sera pas terminé. Une liste claire vous attendra à votre retour et vous n’aurez pas à y penser pendant vos vacances.
Certains vont jusqu’à programmer leur message d’absence un ou deux jours avant leur date réelle de vacances pour travailler plus tranquillement. Mais si c’est une option trop radicale pour vous, bloquer juste une demi-journée pour finir de préparer votre départ est déjà un pas en avant.
3. Ne pas démarrer les vacances à toute allure
Boucler sa valise à minuit pour prendre un avion à 6h du matin le premier jour ou enchaîner les activités dès l’arrivée en mode marathon touristique, c’est tenter de profiter à tout prix… ce qui ressemble beaucoup à la façon dont vous travaillez. Préservez un ou deux jours de vrai repos au début, sans agenda, sans précipitation, pour vivre à votre rythme.
4. Préparer votre retour avant de partir
Prévoir un premier jour de transition en bloquant du temps dans votre agenda pour prendre connaissance de vos messages et en évitant les réunions le matin du retour : tout cela vous évitera de replonger dans l’urgence dès l’arrivée au bureau et vous permettra de revenir plus sereine.
Et les basiques qui comptent aussi
Ce sont peut-être des évidences, mais ça va mieux en le disant :
- Ne rognez pas sur le sommeil dans les jours qui précèdent le départ sous prétexte que vous vous reposerez en vacances. Le manque de sommeil affaiblit vos défenses immunitaires et vous rend donc plus susceptible de tomber malade quand vous ralentirez le rythme.
- Organisez la logistique des vacances suffisamment à l’avance (hôtel, activités avec les enfants…) pour ne pas avoir à tout gérer en catastrophe la semaine du départ, ce qui vous ajoute un pic de stress supplémentaire.
Charge mentale et maladie des loisirs : le facteur aggravant qu’on oublie
Pour celles qui gèrent à la fois le sprint de fin d’année au bureau et l’organisation complète du départ en vacances : la maladie des loisirs vous concerne doublement. La charge mentale domestique pèse autant que la charge professionnelle sur votre niveau de stress. Préparer les vacances en famille ne devrait pas reposer sur une seule paire d’épaules ; et ce n’est pas qu’une question d’équité, c’est aussi une question de santé.
Quand la fatigue va plus loin que les vacances
Ces conseils peuvent atténuer le choc de la transition, mais ils ne règlent pas le fond du problème.
Les psychologues qui travaillent sur ce sujet le disent clairement : on ne peut pas demander aux vacances de compenser un surmenage chronique. Attendre les congés pour récupérer d’une année épuisante, c’est un peu comme décider de ne pas dormir pendant un mois et espérer récupérer en dormant quinze jours d’affilée. Le corps ne fonctionne pas comme ça, son équilibre se construit en continu, dans le quotidien.
Si vous vous reconnaissez dans ce schéma (serrer les dents jusqu’aux vacances, tomber malade dès que vous vous arrêtez, repartir sans vous être vraiment reposée), c’est peut-être le signe que la question n’est pas « Comment mieux gérer mon départ en vacances ? », mais « Comment je vis ma relation au travail au quotidien ? ».
C’est exactement le type de problématiques que j’accompagne en coaching, en ouvrant un espace qui vous permet de comprendre ce qui se joue dans votre travail et de construire un équilibre qui tient (et pas seulement pendant les grandes vacances).
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