
Il y a quelques mois, je tournais en rond sur une décision importante pour mon activité. J’avais réfléchi dans tous les sens, fait des listes, demandé des avis, mais rien n’y faisait ! Ma tête continuait à mouliner sans avancer.
Alors j’ai enfilé mes chaussures, pris ma chienne et je suis allée marcher dans la forêt de Bellême.
Je suis rentrée une heure et demie plus tard avec une clarté que je n’avais pas réussi à trouver en plusieurs jours de réflexion assise à mon bureau. Et ce n’était pas la première fois.
Depuis, j’ai intégré cette pratique aussi bien à mon équilibre personnel qu’à mon quotidien professionnel en pratiquant le coaching en marchant.
1. Ce que George Sand et Simone de Beauvoir savaient déjà
Pour George Sand, marcher était un territoire de liberté intellectuelle, une façon de nourrir son œuvre et d’affirmer qu’une femme pouvait penser, créer et se déplacer sans entrave, à une époque où les femmes étaient assignées à l’espace domestique. Jacqueline de Romilly, philosophe et helléniste française, faisait de ses promenades en Provence une source d’inspiration directe, au point d’en tirer un livre entier (Sur les chemins de Sainte-Victoire).
Jacqueline de Romilly était une de mes références quand j’étudiais le grec ancien. Je ne savais pas encore que des années plus tard, je randonnerais seule en forêt chaque semaine et que cette pratique deviendrait à la fois mon ancrage personnel et un outil professionnel avec le coaching en marchant.
L’intuition que le mouvement nourrit la pensée traverse les siècles. Si Kant ou Nietzsche sont connus pour avoir eu des idées géniales en marchant, on sait beaucoup moins que de nombreuses femmes intellectuelles et artistes ont elles aussi fait de la marche un outil de pensée et d’émancipation. Annabel Abbs leur a d’ailleurs consacré un livre : Méfiez-vous des femmes qui marchent.
Mais ce n’est que récemment que la science a commencé à donner une explication rigoureuse à cette intuition millénaire.
2. Ce que la recherche nous dit sur les effets de la marche
En 2014, deux chercheurs de l’université de Stanford, Marily Oppezzo et Daniel L. Schwartz, ont décidé de tester cette idée avec un protocole scientifique. Leurs résultats ont été publiés dans le Journal of Experimental Psychology.
Ils ont découvert que la production créative d’une personne augmentait en moyenne de 60 % lors de la marche. Plus surprenant encore : une personne marchant à l’intérieur sur un tapis roulant dans une pièce face à un mur vide produisait deux fois plus de réponses créatives qu’une personne assise dans les mêmes conditions. Ce n’est donc pas le paysage qui fait le travail, c’est le mouvement lui-même.
Mais il y a une nuance importante révélée par cette étude qui m’a particulièrement intéressée : la marche est surtout bénéfique pour la pensée créative et divergente (celle qui génère de nouvelles idées), mais elle est moins adaptée à la pensée analytique et convergente, celle qui consiste à trouver la seule bonne réponse entre plusieurs options.
En d’autres termes : marcher est idéal quand on cherche à explorer, à ouvrir des possibles ou à débloquer ce qui est figé. Mais c’est moins adapté quand on a besoin de faire un calcul ou d’analyser un contrat. Cette distinction m’a beaucoup parlé, car c’est exactement l’expérience que je vis dans ma pratique, avec des réflexions complexes prenant en compte de multiples facteurs.
Un autre bénéfice de la marche relevé par des chercheurs de l’Institut Max Planck à Berlin : le mouvement même de la marche renforce notre concentration. A une époque où la bataille pour notre attention est constante, c’est un atout non négligeable durant un coaching en marchant.
3. Et quand on ajoute la forêt ?
La marche seule fait déjà beaucoup, mais quand elle se pratique en forêt un autre mécanisme entre en jeu.
Le Japon a été le premier pays à étudier scientifiquement ce phénomène, qu’il a nommé shinrin-yoku (littéralement « bain de forêt »).
La stimulation des cinq sens par une interaction physique avec le milieu naturel a des effets démontrés sur le bien-être : une baisse significative du taux de cortisol, l’hormone du stress, a été observée après seulement 20 minutes de marche en forêt.
Ce qui se passe physiologiquement est précis : en forêt, le système nerveux parasympathique (celui stimulant le sommeil et la digestion) s’active, tandis que le système sympathique (celui stimulant le métabolisme en cas de danger) se désactive. Les composés organiques volatils émis par les arbres jouent un rôle direct dans ce processus. Ce sont ces molécules invisibles que vous respirez sans le savoir entre les chênes et les hêtres de la forêt de Bellême.
Le résultat concret : le stress baisse, les ruminations diminuent et l’espace mental se libère. Ce n’est pas juste une impression, c’est une réaction physiologique mesurable.
Si on associe la baisse du stress, l’amélioration de la concentration et le boost des capacités créatives via la marche en forêt, on arrive donc a créer des conditions assez idéales pour débloquer des sujets lors d’un coaching en marchant.
4. Ce que ça change pour moi, concrètement
Quand je sens que le stress de l’entrepreneuriat me pousse à vouloir tout gérer en même temps ou qu’une décision tourne en boucle sans aboutir, je ne force plus et je sors marcher.
Ce que j’observe à chaque fois suit à peu près le même schéma : les 10 premières minutes mon cerveau continue à boucler, puis mon mental s’apaise progressivement et j’arrive à être dans le moment présent.
Le rythme de la marche prend le dessus, mes sens sont stimulés et m’aident à me détacher des pensées qui m’accaparent, mon corps se détend et mes pensées commencent à circuler de façon plus fluide.
Puis, à un moment que je ne sais pas anticiper, quelque chose se clarifie : une priorité s’impose, une décision devient évidente. Pas parce que j’ai « trouvé la solution », mais plutôt parce que le bruit de mes pensées s’est suffisamment calmé pour que je sois de nouveau présente à moi-même et prête à m’écouter.
5. Pourquoi ça m’a donné envie de pratiquer le coaching en marchant
En tant que coach professionnelle, une grande partie de mon travail consiste à créer les conditions pour que mes clientes arrivent à clarifier leurs envies, leurs priorités, leurs projets.
En découvrant le coaching en marchant lors d’une séance de supervision, j’ai compris que la forêt pouvait faire partie de ce travail avec moi, en créant un état qui favorise l’exploration intérieure : moins de stress, moins de ruminations, plus de disponibilité à soi-même au service de son projet de vie.
Depuis, je propose des séances de coaching en marchant dans la forêt de Bellême, dans le Perche. Pour les femmes qui ont des questions importantes à explorer sur leur vie professionnelle et qui sentent intuitivement que le cadre dans lequel elles réfléchissent peut changer la qualité de leur réflexion.
Vous êtes dans le Perche et vous cherchez un espace pour prendre du recul ?
Contactez-moi et nous prendrons le temps d’échanger pour voir si on est faites pour travailler ensemble

